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vendredi 6 mai 2016

Philippe Priser LE TELEGRAMME

Philippe Priser LE TELEGRAMME

Après une belle carrière de régatier, Philippe Presti est aujourd'hui un coach très demandé. Le marin originaire d'Arcachon, artisan de l'incroyable victoire de Team Oracle dans la Coupe de l'America 2013, est reparti pour une nouvelle campagne avec les Américains. Avant la deuxième étape des America's World Series à New York, nous l'avons longuement questionné.


- Comment un Français fait-il pour devenir le coach d'une équipe américaine sur la Coupe de l'America ?
 
A la base, je suis professeur d'EPS, j'ai fait des études à l'Insep. Avant de devenir athlète, j'ai un passé de formateur. J'ai fait une carrière en voile olympique avec deux sélections pour les Jeux Olympiques, avec deux titres de champion du monde de Finn. J'ai également fait du Star, du Soling, du match-racing, du Laser. J'ai touché à tout, car j'ai toujours été très intéressé par ce qui est nouveau et différent. Après les JO de Sydney, je faisais du Soling et j'étais très orienté match-racing. Tout cela m'a emmené à la barre du bateau du Défi Français "Areva" en 2003 à Auckland. Voilà comment je suis entré dans la Coupe de l'America. Ce fut une grande découverte, un sport d'équipe avec du développement. A l'époque, on était loin du compte côté français, on avait une équipe jeune, c'était la découverte. A l'issue de cette première expérience-là, j'ai été recruté par un top team, Luna Rossa Challenge, sponsorisé par Prada. J'étais barreur et tacticien sur le deuxième bateau. J'ai disputé quelques régates de la Coupe à la stratégie, Jimmy Spithill était à la barre de l'autre bateau. A Valence, on a disputé une finale de la Coupe Louis-Vuitton contre les Kiwis. L'idée du coaching a commencé à germer à cette époque-là. J'ai signé comme deuxième barreur et mon objectif était de faire progresser l'équipe, d'apporter le plus d'informations. J'ai donc pris en charge la cellule de décision. Dans un premier temps, on a beaucoup travaillé les phases de départ avec Jimmy. C'était un peu nouveau à ce moment-là. J'ai aussi pris en charge la cellule de décision qui comprenait, à l'époque, la météo, la stratégie, la tactique et le poste de barreur. J'étais toujours athlète, je barrais toujours (3e des championnats du monde de match-racing), j'étais toujours dans le coup. Aujourd'hui, ce ne serait plus vraiment le cas (rires). A l'issue de cette expérience-là, Jimmy Spithil m'a demandé de le rejoindre chez Oracle, avec ce challenge un peu bizarre sur ce gros bateau, ce multicoque. J'ai essayé d'animer la cellule "décision" chez Oracle. Il y a eu une victoire à la clé. A l'issue de cette victoire, Oracle m'a demandé de les rejoindre en tant que coach. Là, j'ai eu des possibilité élargies sur l'ensemble du groupe. Avec la victoire en 2013 à San Francisco, et une confiance renouvelée pour cette campagne 2017. Dans la période San Francisco, j'ai fait évoluer ma palette et ma zone d'influence. Je suis maintenant également impliqué dans les relations entre le design team et le sailing team. J'anime les défriefings "performances". Mon objectif, c'est la résolution des problèmes techniques et des problèmes humains.
 
 
- Dans une ITV parue dans Sud-Ouest en 2013, vous racontez en détail ce stage commando, avec "des heures passées dans la flotte et le froid pour faire des travaux complètement inutiles, sous la pression de deux soldats des commandos de marines américains". C'est ainsi que vous sélectionnez les équipiers chez Oracle ?
 
Pas du tout. On sélectionne les meilleurs marins et surtout les gens qui ont le potentiel pour apporter de la plus-value. Cette expérience commando s'explique par le fait que les autres équipes avaient une épreuve qui était la Coupe Louis-Vuitton, on pensait que ça allait les aider à se préparer, à rentrer en mode compétition. Nous, nous n'avions pas cela, notre deuxième bateau avait été arrêté assez longtemps à cause d'un dessalage, donc on était pas mal limité en termes de compétition. Donc, l'idée était de sortir les gens de leur zone de confort parce que la compétition te propose des situations auxquelles tu n'as pas eu accès et ça a tendance à te faire déjouer. On voulait leur montrer jusqu'où ils pouvaient aller. C'était très intéressant en termes de stress. C'était physique, déstabilisant mentalement, cela nous a appris plein de choses. Derrière, on a débriefé pour comprendre. Je ne sais pas si ça aide pour gagner une épreuve mais ça a soudé des liens, des leaders se sont révélés, d'autres leaders n'ont pas été au niveau.
 
 
- Revenons sur la dernière édition : qu'avez-vous dit à votre équipage lorsqu'il était mené 8 à 0 ?
 
Étonnamment, on était déjà sur la pente ascendante parce qu'on était parti avec un déficit de deux points. On avait enfreint le règlement sur une épreuve de la Coupe. Le moment clé, c'était à 6 à -1. Dès qu'on a fait la première manche, on a vu qu'on avait un gros problème. Il fallait poser le problème, juste après les régates. J'avais quatre ou cinq écrans de télévision reliés à un ordinateur, avec tous les éléments vidéos, toutes les données possibles de notre bateau et de l'adversaire. Là, on débriefe tout. On observe, on fait un état des lieux qui amène des interrogations et des process d'ajustement. Dès la première manche, on avait des plans, on a construit un plan de réaction au problème. C'est ce qui nous a permis de résoudre un certain nombre d'énigmes. On a cassé le code pour apprendre à voler au près notamment, pour apprendre à virer avec la coque au vent qui est très haute et qui permet de limiter les traînées. D'un point de vue technique, c'était très efficace et d'un point de vue mental, c'était aussi extrêmement efficace. On n'était pas en train de se dire "zut, on va perdre la Coupe, qu'est-ce qu'on va penser de moi, il faut que je réponde aux médias, etc". On était dans un mode de résolution des problèmes et on avait huit manches pour atteindre cet objectif. On a gagné une manche au début, puis on s'est fait rattraper sur plein de manches où nous étions en tête. A partir du 6 à -1, les quatre manches suivantes, on en gagne deux, ils en gagnent deux. Là, on avait trouvé les clés de la vitesse du bateau, on était à égalité de performances avec Team New Zealand et il suffisait de prendre les bonnes décisions alors qu'au départ, on allait moins vite qu'eux. 
 
- Vous étiez au bord du précipice à un moment, non ?
 
Oui, on s'est posé plein de questions, on se demandait si on allait y arriver dans les temps. A 8 à 0, on est au bord du précipice mais, on avait les moyens techniques de gagner, on a développé le bateau dans un sens, on a copié, on a adapté, on a créé notre propre modèle pour aller de plus en plus vite. A la limite, 8 à 0, c'était plus simple! A 6 à -1, on a eu un vendredi 13, où on a tout mis sur la table : on voulait changer les foils, reculer le mât de 1 mètre pour modifier l'équilibre du bateau, on n'était même pas sûr de pouvoir naviguer le lendemain... Ça partait un peu dans tous les sens. Mon discours fut le suivant : "On n'est pas bien mais on progresse, on va gagner des manches". C'était clair, je ne savais pas qu'on allait gagner la Cup mais je savais que, pour des raisons techniques, on allait réussir à faire mieux certaines choses. En même temps, il y avait un changement de marée. On avait eu une marée qui venait du pont avec le courant dans le nez, au près, ce qui aplatissait vraiment la mer et le courant qui nous poussaient au portant. Au portant, on était à l'aise mais, au près, on avait beaucoup de mal donc ça allait s'arranger. En plus, lorsque le courant descend, il y avait plus de vagues et j'étais persuadé que le bateau des Néo-Zélandais était moins stable dans les vagues. J'avais aussi des éléments humains que je garderai pour moi.
 
- Au cours des huit manches remportées par Team New Zealand, les Kiwis semblaient intouchables. Puis, d'un seul coup, le vent a tourné, Oracle a commencé à aller plus vite, à mieux "voler". Ce n'est pas que dans les têtes que ça se passe. Techniquement, qu'avez-vous changé sur votre bateau ?
 
Si, c'est dans la tête que ça se passe. La tête suit les jambes. Si on a un bon processus de résolution de problèmes, ça créé une dynamique très positive. Cela ne veut pas dire qu'on est sûr d'y arriver mais on est sur la brèche, ça cogite autour du nous, on a un plan. A 6 à -1, techniquement, on était parti pour tout changer et, le soir, on n'a rien changé. Mon credo était le suivant : "On a ce qu'il faut, il faut juste l'utiliser mieux". Le seul truc qu'on a changé, c'est une alarme sur l'aile. On a coupé l'alarme car, au près, on atteignait des charges de rupture. On a changé notre profil d'aile, c'était plus risqué mais ça équilibrait mieux notre bateau. On a pris un risque mais le bateau a pu commencer à voler avec une meilleure stabilité. On a aussi évolué en observant l'adversaire. Ce que je trouve géniale dans la compétition, c'est la capacité du dépassement. Les Kiwis écrasaient la concurrence, ils se baladaient. Sans eux, on ne serait jamais arrivé à voler au près notamment.
 
 
- Vu de France, Oracle Team, c'est Larry Ellison avec es moyens illimités. Est-ce réellement le cas ou comptez-vous chaque dollar ?
 
Bien sûr qu'on compte. On a un budget qui a été voté en début de campagne et il y a des choix à faire. Chaque fois que j'ai besoin de quelque chose, je fais une demande et cette demande est discutée. On est sur un fonctionnement d'entreprise avec des budgets limités. D'ailleurs, l'évolution de la Cup, qui a été poussée par Larry Ellison, c'est-à-dire passer de 72 à 62, puis à 50 pieds sur des bateaux One Design, oui, l'idée est de limiter les coûts.
 
- Des AC45, des AC45 Turbo et enfin des AC50. Ça n'aurait pas été plus simple et moins coûteux de disputer la Coupe avec les AC45 ?
 
Honnêtement, les performances d'un AC45 sont super limitées. Ils ont été développés pour apprendre à manier l'aile et ensuite pour faire les World Series avec des bateaux que l'on peut trimbaler à gauche et à droite, mais l'essence même de la Cup force à pousser vers les limites architecturales, les limites techniques et les limites humaines. Si on fait la Cup en Laser, bon... J'aime bien le Laser mais il va manquer un truc. Il faut du design, des bateaux qui vont aux limites.
 
- Un mot sur les Italiens qui ont dû se retirer après le changement de format ?
 
Ce n'est pas facile, c'est compliqué, je n'ai pas tous les éléments. C'est décevant pour eux, comme pour nous, pour le monde de la voile. C'était ma famille pendant quatre merveilleuses années, donc c'est très triste de ne plus les avoir en lice.
 
- Quel regard portez-vous sur Groupama Team France ?
 
C'est génial que Franck Cammas ait réussi à monter ce projet. C'est un défi compliqué. La Coupe de l'America en France, c'est difficile, car elle n'a pas l'audience que l'on trouve ailleurs dans d'autres pays comme les Etats-Unis, la Nouvelle-Zélande ou l'Angleterre. C'est une épreuve difficile, c'est ingrat, on ne parle que du premier. Si tu fais 3e, t'es nul (rires). Quand tu vois la quantité de talents et de compétences nécessaires pour gagner cette Coupe de l'America, c'est phénoménal. Quand tu vois les Kiwis qui rentrent chez eux la tête basse, c'est difficile. C'est un challenge dur qui n'a pas une très bonne presse en France. J'espère que les Français vont réussi à faire de belles performances sur les World Series pour changer la perception des gens sur cette épreuve.
 
- Franchement, les Américains craignent-ils le défi français ?
 
Honnêtement, après le changement de règlement, les Italiens n'étaient pas contents mais je peux vous dire que ceux qui en pâtissent le plus, c'est nous. On avait une avance énorme en termes de design et de connaissances, on avait développé nos bateaux, on était les tenants du titre. Et là, on est passé sur des bateaux qui ont 90 % moins de design, plus petits donc plus simples à mettre en œuvre, beaucoup moins onéreux. Aujourd'hui, c'est la Coupe de l'America la plus ouverte pour un challenger. Je ne serais pas étonné qu'il y ait de grosses surprises. J'ai pu m'apercevoir des différences abyssales qu'il pouvait y avoir entre des équipes ayant gagné et des équipes qui pensaient avoir les moyens de gagner. Quand tu regardes un iceberg, tu ne vois que le haut mais tu ne sais pas ce qu'il y a en dessous. Aujourd'hui, notre savoir-faire est partagé parce que le bateau est One Design. Les seules différences vont être les systèmes de contrôle des ailes et les design des foils. Je suis persuadé que la Coupe va être extrêmement ouverte, qu'on aura des surprises. Donc, on craint tout le monde. On cherche à progresser.
 
- Ben Ainslie annonce qu'il va ramener la Cup en Angleterre : vous en pensez quoi ?
 
Ce serait génial pour lui (rires) mais ça ne m'excite pas des masses ! Il a construit sa campagne et son plan de financement sur le "retour de la Cup à la maison". C'est super bien joué mais je ne sais pas si beaucoup de monde a envie de naviguer dans le Solent, même au mois de juillet. Ce n'est pas l'endroit le plus excitant au monde.
 
- Les Kiwis ont viré Dean Barker et recruté une pépite, Peter Burling. Êtes-vous impressionné parce jeune barreur ?
 
C'est clair que c'est un des barreurs les plus talentueux de bateaux rapides que j'ai rencontré. Après, barrer un 49er et un bateau de 5 tonnes à 45 nœuds, avec la pression d'une équipe derrière, ce n'est pas pareil. Ce n'est pas le même match. Développer un bateau, animer des défriefings, comprendre le discours des ingénieurs... Des bons pilotes, il y en a plein en Formule 1 mais des gens qui font évoluer la voiture, c'est plus compliqué à trouver. La position de Peter est aujourd'hui idéale mais ils ont perdu beaucoup avec le départ de Dean Barker. Ils auraient gardé Dean en l'associant à Peter, je pense que l'efficacité aurait été plus importante. Dean Barker a trouvé son bonheur ailleurs. Il se régale dans son défi japonais.
 
- La folie foil est en train de toucher toutes les classes : pensez-vous que l'on peut encore aller plus loin dans le domaine du vol ? 
 
On est toujours à la recherche du mieux. Bientôt, on pourra naviguer avec des coques sèches pendant toute la régate. Les contrôles système ont beaucoup évolué. On voit des bateaux qui enfournent, en déséquilibre. Aujourd'hui, on peut avoir des foils qui permettent de voler tout le temps, sans toucher l'eau. Mais un foil plus instable va être plus performant en vitesse pure. Le challenge, c'est de trouver des foils très radicaux qui vont nous emmener à des vitesses très importantes et de parvenir à les contrôler. Si on n'y arrive pas, on sera obligé de faire des foils moins radicaux, plus versatiles.
 
- A Oman, ça n'a presque pas volé par manque de vent. Est-il possible d'avoir ce type de conditions aux Bermudes pour la Cup en 2017 ?
 
Ah oui. Aux Bermudes, les statistiques donnent 15 % de vent en dessous de 7 nœuds. Et je crois qu'on ne peut pas lancer une course en dessous de 7 nœuds aujourd'hui. Les bateaux ne sont pas du tout fait pour ça, ils doivent voler. A 8 nœuds, on vole au près et au portant.
 
 
- Philippe Presti coach du défi français, c'est possible ?
 
Tout est possible. Je serais ravi de pouvoir apporter ma pierre si les conditions sont réunies.
 
- Avez-vous été sollicité par d'autres teams ?
 
Oui. Sans plus de commentaires (rires).

© Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/voile/coupe-de-l-america-philippe-presti-on-craint-tout-le-monde-06-05-2016-11058080.php#mXZF1DGR0uoM6Hzt.99

mercredi 17 février 2016

Philippe Presti explique “l’entreprise de la performance”





Il y a un an, l’Arcachonnais Philippe Presti remportait la plus prestigieuse compétition de voile du monde, l’America’s Cup, en tant qu’entraîneur manager du défi américain Oracle Team USA. Une expérience de la gagne qu’il a partagé avec les Dirigeants commerciaux de France Bordeaux - Gironde… avant de reprendre la direction de San Francisco.
Son palmarès fait rêver : il a été sacré à deux reprises champion du monde de Finn (dériveur olympique, en 1993 et en 1996) mais ce qui laisse vraiment rêveurs les passionnés de voile, c'est sans doute son destin de vainqueur de la 34e America's Cup en 2013.
Philippe Presti, skipper, toujours membre du cercle de voile de Cazaux-Lac, n'en était pourtant pas à sa première levée du trophée le plus prestigieux du monde de la voile (déjà vainqueur avec USA 17 en 2010 à Valence), mais le 25 septembre 2013, c'est à l'issue d'une remontée extraordinaire (mené 8 victoires à 1 par Emirates Team New Zealand, Oracle s'est imposé finalement 9 victoires à 8) que l'Arcachonnais a décroché sa deuxième America's Cup. Il occupait alors le poste d'entraîneur de la cellule arrière - 6 marins dont le skipper et l'équipe tactique - dont les spécialistes disent aujourd'hui qu'elle a été la clé de l'exploit unique dans l'histoire de la "Cup" réalisé alors dans la baie de San Francisco.

"Comme les entreprises, les équipes de l'America's ont dû s'adapter à de nombreux changements"

Présentant le défi américain comme une "entreprise de la performance", Philippe Presti a partagé son expérience du management des hommes et de la technique, la gestion du passage de l'échec à celui de la gagne, avec un auditoire de membres des Dirigeants commerciaux de France (DCF) de Bordeaux et de la Gironde.
"Nous devions livrer un seul et unique produit : la victoire. Au départ pourtant, suite à des aléas réglementaires, des erreurs, des retards dans notre préparation technique, nous avons surtout dû manager... l'échec ! Confrontés à une situation de crise, nous avons su gérer des moments difficiles qui, au lieu de faire exploser le groupe, l'ont soudé."
Il rappelait également que, comme beaucoup d'entreprises qui ont vu leur modèle économique changer du fait de l'émergence des technologies numériques ou de nouvelles réglementations, les équipes ont dû s'adapter à l'émergence de nouveaux types de bateaux qui, grâce aux nouveaux matériaux, volent plus qu'ils ne flottent. Gérées comme des PME d'une cinquantaine de personnes, elles ont dû se remettre en question dans des délais très courts, entre deux compétitions... Un discours qui, par les temps qui courent, a eu un écho particulier parmi l'auditoire des DCF Bordeaux - Gironde.

A nouveau Head Coach de Team USA pour 2017 !

Profitant de son passage à Bordeaux, Philippe Presti a aussi évoqué pour La Tribune - Objectif Aquitaine, son rôle dans la prochaine campagne de défense du trophée.
"Je viens de signer à nouveau pour le Team USA. Nous allons attaquer la préparation en novembre, à San Francisco. Puis nous nous dirigerons vers le plan d'eau qui accueillera, en 2017, la compétition."
Une destination qui sera connue dans quelques mois. L'organisation hésite encore entre la baie de San Diego et les Bermudes.
"Quel que soit ce choix, il génèrera une grande frustration pour l'équipe car la baie de San Francisco, avec ses vents réguliers en direction et en puissance, était le lieu idéal pour naviguer. Pour le spectacle, on risque d'y perdre un peu également."
Quand on sait que c'est dans l'extrême difficulté qu'Oracle Team USA a semblé trouver l'énergie de la gagne en septembre dernier, on peut en déduire que l'America's Cup n'est sans doute pas prête de quitter l'Amérique du Nord...


SAILING WORLD - Meet Philippe Presti, coach extraordinaire and psychologist to America's Cup rock stars


By Bruce Gain Posted September 16, 2014
Picture Guilain Grenier/ORACLE TEAM USA


The Oracle Racing Team was out—at least that’s how it appeared when they trailed Emirates Team New Zealand eight races to one during the 34th America’s Cup in San Francisco. “Heads were hung low,” says Philippe Presti, who had 20 minutes onboard the giant catamaran between races to somehow redirect his team toward a miracle, while Emirates Team New Zealand needed only one more win to take the Cup from the rich and powerful defender. Despite such dire circumstances, Presti stuck to his guns. The core of his debriefs continued to focus on what was working well and how to expand on specific positive elements. “We were doing everything right when sailing upwind for about 20 seconds,” says Presti. The debrief when the team was down eight races to one was “about how to double that time.”
The storybook comeback is now all but history, and today Presti is in “recovery mode” in his native France following the high-stakes insanity of the last campaign. For a change of pace before Oracle begins preparing for the next Cup in a few months time, Presti has been spending time with his family and doing some laid-back sailing on his A Class catamaran and foiling on an 18-foot Flying Phantom catamaran off the rocky coast of St. Lunaire in Brittany.
What is the most important skill set that you bring to a campaign?
[Laughing] You need to ask Jimmy [Spithill, OTUSA skipper]. I am a sailor, but I am not on the boat. I can offer an objective perspective and give the team more information that they otherwise would not have. I bring something extra from the outside. It is important that I am a sailor and have experience driving America’s Cup boats. I know the pitch and the feeling and what they are going through. I also didn’t need to keep Jimmy focused. In fact, you have to even distract him from the target sometimes [laughing]. There was never a single moment when I thought that he wasn’t focused.
How would you describe your coaching style?
A lot of my coaching is based on a playbook, which we developed for the smaller AC45 as well as the AC72 boats. What I like to do is to study a video of different scenarios, whether when training or during a race. From there, I draw a sketch with a software program I use and add it the playbook. It is sort of like a tree: There is a problem, and for each scenario, there are different options to solve the problem. It is a very collaborative effort. The team analyzes the situation and decides what the best options are. It is a brainstorming process. The most important people in the process are the sailors who ultimately make the choices.
We have four large screens connected to a PC that stores our database. Sometimes we have five cameras on the water, which are synchronized with the data, totaling 200 gigabytes per hour of sailing. There are 300 sensors on the boat that generate 30,000 data points per second. The heard rate of grinders, the turn rate of the winch, and the ratio of the bow to the stern are just a few of the data points collected. As a coach, I have to connect all of the pieces of information together and extract the most important things from the huge database. I look at the pitch of the board at a certain moment. If the pitch is wrong, I look at a graph of the pressure to analyze, for example, what valve was open and when it should have been closed. My goal is to analyze all of this information and make it useful for the next morning.
How did you get the team to regroup and make the comeback of all comebacks?
We solved problems: We were slow upwind and were wrong in our mode. The options for the angle going upwind were pretty different, when deciding to go more away from the wind and losing distance while gaining speed and vice versa. It was extremely hard to analyze that. We did not perform very well then. Emirates Team New Zealand was using the low and fast mode and we decided to shift to that mode. But that wasn’t like just turning a switch.
There were a lot of technical things to change on the boat to make that happen, such as trimming the board and wheel, and the balance of the boat, deciding who is grinding where, etc. It took us a little bit of time to change modes.
After the tack and before foiling upwind, we were not building enough speed. The problem we had initially was that we needed a lot of distance before we began to foil. Once we were on the foil, it was all good and we sailed well. The initial part was costly—it took us a lot of time, energy, and distance to generate the foil. We worked at achieving stability once we were on the foil as well.
How was your role as a coach especially important when trailing Emirates Team by such a wide margin?
I’d like to first mention the importance of the skipper’s leadership skills. Jimmy did a fantastic job leading the team and motivating them to work hard. He had a lot on his shoulders, but he was still able to do his job by managing the team and making the right decisions. Russell Coutts, the CEO, Grant Simmer, the general manager, and other senior managers played an important role as well.
When things were not going well, I tried to be the one that got the team to settle down. I tried to be the calm in the storm. I had them focus on what they were doing right. I told them: ‘Yes, we are not in a good position, but here are the good points we can capitalize on.’
At one point, we only performed well for 20 seconds when sailing upwind. But I showed a video of 15 to 20 seconds when they were doing everything right. Their performance was fantastic during that period of time and I had them study what they were doing.
For about 20 seconds, everything was right: the trim of the boat, the angle, the look of the boat, and everything else. We wanted to double the time. You often hear from a coach about what is going wrong, but I focus on what is going well instead. I told them that, if they could capitalize on those 20 seconds, then we could double the time when we did everything well when sailing and tacking upwind.
What did you learn from watching the competition and how were you able to apply that in order to exploit their weaknesses?
Analyzing the pre-start was very important. I think of the pre-start like I do a boxing match. When you are under stress, you do the same thing over and over again. You always go back to what you know when you panic. I tried to imagine what we could do to put Team New Zealand in a tough position, and we succeeded.
Team New Zealand was not really doing anything wrong, but I knew that if we decided to jibe at a certain time during the pre-start, then they would make a certain move. We knew that if we did X then they would do Y. We pushed, not too hard, but just enough to make them uncomfortable. It was a question of finesse more than making bold moves at the pre-start. I knew, if we jibed early, then they would try to move too early.
What are your thoughts about the AC72’s design and modern boats in general?
We have designers, boat builders and sailors and we need them to understand each other. I try to serve as the link between designers and sailors. I showed the designers how we operated the boat and what our needs were. We spent a lot of time getting the technologies to work. We spent a lot of time modifying the hydraulics system, for example. In order to complete a foiling jibe, the timing of the boat has to be perfect, especially when lifting one board and dropping the other one. We looked at the different options together. One grinder was used to grinding on position one, for example, but we found that he did better on position three to improve the pump ratio. We had to also obviously pay attention to where the team members were positioned to leeward and windward on the boat during a foiling jibe. We needed to understand what the needs were for foiling.


During one phase, we had to shut down valves and change the sizes of the hydraulic cylinders in order to move the foils and to decide at what point we had to deliver the power to the foils. This is all very complex. 

mercredi 15 avril 2015

mercredi 14 mai 2014

Télégramme de Brest

Sympa Douarnenez j'ai même rencontré Rod Davis.

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vendredi 28 mars 2014